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Méthode de calcul SolarPac : ce que nous mesurons, et comment

Chaque chiffre du site — économies, puissance, reste à charge, DPE projeté — sort du même moteur de calcul, dont la méthode est publiée. Voici ce qu'il mesure, les normes qu'il applique, les prix et les hypothèses qu'il retient, et ce qu'il ne sait pas faire.

Publié le · Mis à jour le Par , fondateur de SolarPac — bureau d'études indépendant et AMO

En bref

Comment SolarPac calcule-t-il les économies d'une PAC collective ?

À partir de la consommation réelle de la chaufferie (factures, PCS ramené en PCI), nous calculons la puissance de pointe selon NF EN 12831-1, lisons le COP par bac de température extérieure sur les grilles constructeur au régime d'eau réel des radiateurs, puis recalculons la facture avec des prix d'énergie datés. Le SCOP est un résultat, jamais une hypothèse.

Donnée d’entrée
Facture réelle de la chaufferiekWh PCS de gaz ÷ 1,11 → PCI ; litres de fioul × 9,97 kWh
Norme de déperditions
NF EN 12831-1température de base du site, altitude IGN ; puissance brute, sans marge cachée
Performance
COP par bac de températuregrilles constructeur, régime d’eau réel ; dégivrage et appoint comptés
Résultat typique
facture de chauffage divisée par 2 (−40 à −55 %)air/eau, face au gaz ou au fioul ; géothermie ÷2 à 3

Chiffres vérifiés le · Moteur SolarPac (méthodologie publiée), NF EN 12831-1, grilles constructeur, barèmes Anah et CEE 2026

1. Ce que nous mesurons : la facture, pas une hypothèse

Le point de départ est la consommation réelle de la chaufferie sur une ou plusieurs saisons : kWh de gaz relevés au compteur (facturés en PCS, pouvoir calorifique supérieur) ou litres de fioul livrés. Nous la ramenons en énergie utile : kWh PCI = kWh PCS ÷ 1,11 pour le gaz (arrêté du 23/12/1992, convention GRDF), 9,97 kWh PCI par litre de fioul (convention 3CL), puis un rendement de génération de la chaudière remplacée (≈ 0,90 gaz condensation, ≈ 0,80 fioul ancien) donne la chaleur réellement livrée au réseau.

Double service : chauffage et eau chaude dissociés

Quand la chaufferie produit aussi l'eau chaude sanitaire, sa part (estimée sur les consommations d'été ou sur le nombre de logements) est retranchée avant tout dimensionnement : le chauffage seul sert à calculer la puissance de pointe, l'ECS est ajoutée ensuite comme besoin lissé. Compter l'ECS deux fois est l'erreur la plus fréquente des avant-projets que nous contre-expertisons.

Le DPE collectif, quand il existe, sert de recoupement (surface, besoin conventionnel), pas de source : l'étiquette mesure une consommation conventionnelle, pas l'enveloppe, et un fioul ancien flatte la lettre. La facture mesurée prime toujours sur le DPE.

2. Déperditions et puissance de pointe : NF EN 12831-1

La puissance à installer n'est pas « la puissance de l'ancienne chaudière » (presque toujours surdimensionnée) ni « N kW par logement ». Nous calculons les déperditions de pointe selon la norme NF EN 12831-1 (méthode de calcul de la charge thermique, complétée par le complément national NF P52-612) : température extérieure de base du département corrigée de l'altitude (IGN), température intérieure de consigne, et coefficient de déperdition de l'immeuble (UA, en W/K) déduit de la consommation mesurée et des degrés-jours du site.

Une seule droite de puissance

Le besoin en fonction de la température extérieure est une droite (signature énergétique). Elle sert au dimensionnement, au point de bivalence et au calcul d'énergie : un seul jeu d'entrées, pas trois calculs qui se contredisent.

Puissance brute, pas de marge cachée

Nous publions la déperdition de pointe brute (P5) et la confrontons à trois autres estimations (DJU, ratios, chaudière existante). Les marges sont décidées avec vous, à la lumière du prix, jamais enfouies dans un coefficient.

La référence opposable est la norme NF EN 12831-1 et son complément national NF P52-612 — pas un guide de centre technique, qui n'a pas valeur de norme.

3. Performance : le COP par bac de température, pas un SCOP catalogue

Une PAC air/eau n'a pas un rendement, elle en a un par température extérieure et par température d'eau. Nous découpons la saison de chauffe en bacs de température (méthode EN 14825 : heures passées à −7 °C, −2 °C, +2 °C, +7 °C…) issus des normales climatiques du site, et lisons pour chaque bac le COP et la puissance réellement délivrée sur la grille du constructeur, au régime d'eau réel des radiateurs (loi d'eau NF EN 442 : 65 °C par grand froid sur des radiateurs anciens, 45-55 °C sur des émetteurs basse température).

Ce qui est compté, bac par bac
  • • Dégivrage : pénalité par altitude et humidité (3 à 6 %) sur les bacs froids.
  • • Point de bivalence : température sous laquelle la cascade ne couvre plus le besoin ; l'appoint (chaudière conservée ou électrique) est compté en parallèle, en énergie et en euros.
  • • Composition réelle de la cascade : la puissance délivrée est celle des modules réellement retenus à chaque température, jamais « N × module moyen ».
  • • Abonnement électrique : la puissance appelée par la PAC s'ajoute à l'abonnement existant (TURPE) ; le coût fixe est intégré au budget après travaux.

Le SCOP que nous affichons est la moyenne pondérée de ces bacs : c'est un résultat du calcul, propre à votre immeuble et à votre climat — pas la valeur catalogue à +7 °C. Sur des radiateurs haute température en zone froide, il tombe autour de 2,5 ; en régime 45 °C en plaine, il dépasse 3,5. C'est la raison pour laquelle la facture est divisée par 2 environ et non par 3 : l'énergie est bien divisée par 3, mais le kWh électrique coûte plus cher que le kWh de gaz.

4. Prix des énergies et de l'installation (repères septembre 2026)

La facture après travaux = électricité de la PAC + appoint résiduel + abonnement supplémentaire. Les prix retenus par défaut sont ceux du simulateur public ; vous pouvez les remplacer par vos tarifs réels.

PosteValeur par défautSource
Gaz naturel (copropriété, TTC, abonnement inclus)0,12 €/kWh PCSCRE / base Pégase, moyennes 2026
Fioul domestique (TTC livré)1,65 €/LRepère SolarPac août 2026 (base Pégase)
Électricité (tarif copropriété, TTC)0,2 €/kWhCRE, offres 2026 ; abonnement TURPE recalculé
PAC collective air/eau installée1 300 à 1 700 € TTC par kW installéBaromètre SolarPac 2026
Géothermie installée (forages compris)2 400 à 3 400 € TTC/kWPrix géothermie copropriété

Ces valeurs sont vérifiées le 30 septembre 2026 et partagées par toutes les pages du site (fichier de repères unique). Toute page qui citerait un autre chiffre est en retard : signalez-le-nous.

5. Hypothèses d'aides

MaPrimeRénov' Copropriété

MaPrimeRénov' Copropriété : 30 % des travaux (45 % si gain ≥ 50 %), plafond 25 000 € par logement ; gain énergétique ≥ 35 % exigé (audit réglementaire), bonus +20 % copropriété fragile, +10 % sortie de F/G ; cumul aides publiques + CEE ≤ 80 % du TTC. Source : Anah, barème 2026.

CEE BAR-TH-179 (air/eau) et BAR-TH-178 (géothermie)

kWh cumac forfaitaires par kW installé selon zone climatique et énergie remplacée, Coup de pouce ×3 (air/eau en sortie de gaz à condensation), ×4 (air/eau en sortie de fioul ou de gaz sans condensation) ou ×5 (géothermie), valorisés au prix de marché du moment (7 €/MWh cumac par défaut). Source : fiches en vigueur (arrêté du 30/04/2026) — le calcul détaillé.

Le reste à charge (0 à 2 000 € par logement après aides) est présenté lissé par l'éco-PTZ collectif (15 000 € par logement (action seule, le cas d’une PAC collective), 15 ans, source service-public.gouv.fr) et comparé mois par mois à l'économie de charges. Nous ne promettons pas de résultat : nous montrons la mensualité et l'économie, et vous concluez.

6. DPE projeté et CO₂

Le DPE projeté applique la méthode 3CL au poste chauffage (et ECS si collective) : consommation d'énergie finale de la PAC × coefficient d'énergie primaire de l'électricité (1,9 en 2026, 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027) contre 1,0 pour le gaz et le fioul. C'est ce qui explique le gain de 2 à 3 classes sans isolation : l'énergie finale est divisée par 3, et la conversion en énergie primaire ne reprend qu'une partie de ce gain.

Émissions de CO₂ : −70 à −80 % de CO₂

Base Carbone ADEME : gaz 227 g CO₂/kWh PCI, fioul 324 g, électricité française ≈ 50-60 g en moyenne (davantage en hiver). Avec un SCOP de 3, le chauffage émet 70 à 80 % de CO₂ en moins — pas « zéro » : le mix électrique n'est pas à zéro.

7. Ce que le calcul ne sait pas faire

  • • Une estimation n'est pas une étude. Sans visite de la chaufferie, l'état du réseau hydraulique, l'emplacement des unités et les contraintes acoustiques ne sont pas connus : ils peuvent changer la puissance, le prix et la faisabilité.
  • • La consommation mesurée dépend de l'hiver : une saison douce sous-estime le besoin. Nous corrigeons par les degrés-jours, mais deux ou trois saisons valent mieux qu'une.
  • • Les prix des énergies bougent : les économies sont données à prix constants, avec un test de sensibilité ; une hausse de 10 % de l'électricité renchérit le chauffage PAC de ~3 % seulement, mais elle existe.
  • • Les aides dépendent d'un audit réglementaire (gain ≥ 35 %) et de barèmes annuels : les montants restent des estimations jusqu'au dépôt du dossier.
  • • Le DPE final est établi par un diagnostiqueur après travaux : notre projection applique la méthode, elle ne remplace pas le diagnostic.

Les documents publiés

Appliquer cette méthode à votre copropriété

Le simulateur gratuit applique exactement ces étapes à votre immeuble, en cinq minutes, sans inscription.

Lancer la simulation

Pour le guide complet du projet : pompe à chaleur collective en copropriété : le guide.

Pour aller plus loin

Faire vérifier notre avant-projet

Vous avez déjà un devis ou une étude ? Nous relisons le dimensionnement, le COP retenu et le calcul d'aides avec cette méthode, et nous vous disons franchement ce qui tient et ce qui ne tient pas.

L'étude est entièrement gratuite et sans engagement. Vous recevez un dossier chiffré, présentable tel quel en conseil syndical et diffusable aux copropriétaires — de quoi faire circuler l'information et décider en connaissance de cause.

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